Représentation des entiers en binaire
Les ordinateurs représentent les nombres en utilisant uniquement des bits (0 et 1). Pour les entiers, il existe deux grandes familles :
- Les entiers non signés (uniquement positifs)
- Les entiers signés (positifs et négatifs)
1. Entiers non signés
Un entier non signé sur n bits peut représenter des valeurs allant de :
0 à 2ⁿ - 1
Exemple sur 8 bits :
00000000 = 0
11111111 = 255
2. Entiers signés : pourquoi c’est plus compliqué ?
Pour représenter des nombres négatifs, plusieurs méthodes ont existé, mais la seule utilisée aujourd’hui est le complément à deux.
Pourquoi ? Parce qu’il permet :
- une seule représentation du zéro,
- une addition identique pour positifs et négatifs,
- une implémentation simple dans le matériel.
3. Le complément à deux : principe général
Pour représenter un nombre négatif, on applique trois étapes :
- Écrire la valeur absolue en binaire.
- Inverser tous les bits (complément à un).
- Ajouter 1.
Exemple : représenter -5 sur 8 bits
1) Valeur absolue : +5
00000101
2) Inversion des bits :
11111010
3) Ajouter 1 :
11111010
+ 1
---------
11111011
Résultat : -5 = 11111011 en complément à deux (sur 8 bits).
4. Comment reconnaître un nombre négatif ?
En complément à deux, le bit de poids fort (le premier à gauche) indique le signe :
- 0 → nombre positif
- 1 → nombre négatif
Exemples :
01101100 → positif
11101100 → négatif
5. Décoder un nombre négatif
Pour retrouver la valeur d’un nombre négatif en complément à deux :
- Soustraire 1.
- Inverser tous les bits.
- Lire le résultat comme un entier positif.
- Ajouter le signe négatif.
Exemple : décoder 11101100
1) Soustraire 1 :
11101100
- 1
--------
11101011
2) Inverser les bits :
00010100
3) Lire en décimal :
00010100₂ = 20
4) Ajouter le signe :
-20
6. Plage des valeurs possibles
Sur n bits, le complément à deux permet de représenter :
-2ⁿ⁻¹ à 2ⁿ⁻¹ - 1
Exemples :
8 bits → -128 à +127
16 bits → -32768 à +32767
32 bits → -2147483648 à +2147483647
7. Pourquoi le complément à deux est-il si efficace ?
- Les additions fonctionnent sans cas particulier.
- La soustraction devient une simple addition.
- Le matériel est plus simple et plus rapide.
- Le zéro n’a qu’une seule représentation.
C’est pour cela que tous les processeurs modernes utilisent exclusivement le complément à deux.